Kolwezi, le cœur minier de la République Démocratique du Congo bat au rythme de l’extraction de ses ressources minières. Aux côtés des industriels, l’artisanat minier se porte à merveille. Outre les sites artisanaux officiels, les remblais sont les cibles de grand nombre d’artisanaux. Aux remblais de Kamilombe, dans le quartier Kapata, l’effervescence quotidienne cache une crise humanitaire et technique invisible.
Mardi 25 mai, la Bourgmestre de Dilala, Françoise Mangweji Kuwaha, a tapé du poing sur la table. Entre l’exploitation persistante des enfants et la menace d’un effondrement du réseau électrique local, l’autorité municipale tire la sonnette d’alarme.
Chaque jour, des centaines de creuseurs, de femmes et malheureusement de jeunes enfants s’activent sur le site de Kamilombe. Leur objectif ? Extraire le cuivre et le cobalt, ces minerais stratégiques indispensables à la transition énergétique mondiale. Pourtant, derrière la promesse d’un gain quotidien se profile une réalité bien plus sombre, faite de violations des droits humains et d’anarchie environnementale.

La présence des mineurs sur les sites d’extraction artisanale reste un fléau que le Lualaba peine à éradiquer. Lors de sa descente sur le terrain, la Bourgmestre de Dilala n’a pas caché son indignation. Face aux exploitants et aux familles, Françoise Mangweji a rappelé une vérité essentielle :
« La place d’un enfant est à l’école, pas dans les trous de mine.»
L’autorité communale a directement interpellé la CMDS (Coopérative minière pour le Développent et le Social), gestionnaire du site, ainsi que les mères de famille présentes. L’objectif est double : responsabiliser la structure encadrante pour qu’elle interdise strictement l’accès aux mineurs et sensibiliser les familles sur les risques sanitaires et psychosociaux à long terme pour leurs enfants.
c Nous devons préserver les droits de nos enfants et lutter activement contre leur implication dans les activités minières », a martelé la Bourgmestre, appelant à un sursaut collectif.
Au-delà du drame social, Kamilombe est devenu le théâtre d’un défi technique majeur. À la recherche du cobalt, les creuseurs artisanaux s’attaquent désormais aux zones situées à proximité immédiate des pylônes haute tension qui alimentent le quartier Kapata. Ces excavations non réglementées fragilisent les fondations mêmes des structures en acier. Le constat de la commune est alarmant : si rien n’est fait, les lignes électriques risquent de s’écrouler.
L’écroulement d’une ligne à haute tension sur une zone densément peuplée de creuseurs provoquerait des électrocutions de masse alors que le quartier Kapata serait plongé dans le noir, coupant l’électricité aux ménages, aux hôpitaux et aux commerces dépendants de ce réseau.

La Bourgmestre de Dilala plaide pour une « exploitation responsable et sécurisée» des remblais de Kamilombe. Cela implique le respect strict des périmètres de sécurité autour des infrastructures publiques et une tolérance zéro pour le travail des enfants. Il s’agit de trouver le juste équilibre entre la survie économique des communautés locales, qui dépendent de l’artisanat minier, et le respect absolu des lois de la République et de la sécurité publique.
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