Face à l’anarchie et aux menaces sécuritaires, le ministre des Mines a décrété l’arrêt total des activités minières pour une durée de trois mois dans ces deux territoires du Sud-Kivu. Une décision radicale qui vise à couper les vivres aux déstabilisateurs de la région.
Le gouvernement congolais passe à l’offensive dans l’Est du pays. Par le biais d’un arrêté signé par le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, les autorités ont annoncé la suspension immédiate et pour une période de trois mois de toutes les activités minières dans les territoires de Mwenga et de Shabunda, situés dans la province du Sud-Kivu.
Cette mesure drastique répond à une urgence à la fois économique et sécuritaire. Elle s’appuie sur une série de rapports alarmants provenant des services administratifs publics, renforcés par les conclusions d’enquêtes parlementaires. Sur place, le constat est sans appel : les activités minières illicites ont atteint un seuil critique. Au-delà du pillage des ressources, c’est l’absence totale de transparence et de traçabilité dans l’extraction des minerais qui a poussé le ministère à taper du poing sur la table.
Le motif le plus grave invoqué par Kinshasa touche directement à la souveraineté nationale. Selon le document officiel, les autorités soupçonnent fortement que les revenus issus de cette exploitation frauduleuse servent à financer des projets de déstabilisation des institutions de la République.
En coupant le robinet minier à Mwenga et Shabunda, le gouvernement cherche avant tout à asphyxier financièrement les groupes armés ou les réseaux clandestins qui menacent la sécurité du territoire.
Ces trois mois de suspension ne seront pas une période de statu quo. Le gouvernement prépare une contre-offensive administrative et juridique. Une mission de contrôle de l’Inspection générale des Mines, épaulée par d’autres services étatiques, va être déployée sur le terrain. Ses objectifs sont clairs :
- Documenter précisément l’ampleur des fraudes ;
- Identifier les auteurs présumés de ces activités illégales ;
- Appliquer des mesures coercitives et des sanctions exemplaires.
Le défi est désormais de taille : réussir à faire respecter cette suspension sur le terrain dans des zones souvent enclavées et complexes à contrôler.
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