La question de la révision constitutionnelle et de la limitation des mandats présidentiels continue d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo. Dans une opinion libre largement relayée, le député national Peter Kazadi Kankonde défend le droit du peuple à se prononcer librement sur cette question qu’il considère comme fondamentale pour l’avenir institutionnel du pays.
Selon l’ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières du gouvernement Lukonde II, le peuple demeure le « pouvoir constituant originaire » et le « souverain primaire », ce qui lui confère le droit de reviser, d’adapter ou même de remplacer une Constitution lorsque celle-ci ne répond plus aux réalités historiques, politiques et sociales du moment.
Ce membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/ TSHISEKEDI) rappelle qu’aucune génération ne peut imposer définitivement ses choix constitutionnels aux générations futures. Pour lui, une Constitution n’est pas un texte immuable, mais l’expression de la volonté populaire à une période donnée de l’histoire nationale.
Dans cette logique, il estime qu’interdire le débat sur la limitation ou non du mandat présidentiel reviendrait à priver le peuple de son droit de réfléchir à son propre destin institutionnel.
« Le véritable danger pour la démocratie ne réside pas dans le débat constitutionnel lui-même, mais dans la confiscation du droit du peuple à réfléchir sur son propre destin institutionnel », soutient-il.
Cette prise de position intervient dans un contexte où la question des réformes constitutionnelles demeure particulièrement sensible en Afrique, plusieurs pays ayant connu des tensions politiques autour des modifications des textes fondamentaux liées aux mandats présidentiels.
Pour les défenseurs du maintien strict des limitations de mandat, ces dispositions constituent une garantie essentielle de l’alternance démocratique et un rempart contre la concentration du pouvoir. À l’inverse, les partisans d’une éventuelle révision invoquent le principe de la souveraineté populaire et le droit du peuple à décider librement de ses institutions.
Au-delà des divergences politiques, le débat relance une réflexion plus large sur l’équilibre entre stabilité institutionnelle, démocratie participative et respect de la volonté populaire.
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