À Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, le climat politique vient de monter d’un cran. Lors d’un meeting officiel en faveur d’une révision constitutionnelle, le gouverneur ad intérim, Martin Kazembe Shula, a violemment chargé l’ancien président Joseph Kabila, estimant qu’il avait définitivement perdu sa légitimité d’ancien chef de l’État.
C’est une déclaration au vitriol qui a retenti ce mardi 26 mai à l’esplanade du bâtiment du 30 Juin, à Lubumbashi. Prenant la parole devant une assemblée de militants et d’acteurs politiques acquis à la cause du pouvoir, Martin Kazembe n’a pas mâché ses mots à l’égard de Joseph Kabila. Selon l’autorité provinciale, l’ancien président a franchi la ligne rouge.
« Kabila est un rebelle. Depuis aujourd’hui, il a perdu l’honneur d’être appelé ancien président », a martelé le gouverneur intérimaire.
Au-delà de la rhétorique locale, Martin Kazembe a profité de cette tribune pour saluer publiquement les récentes sanctions financières et diplomatiques infligées par les États-Unis à l’encontre de Joseph Kabila. Pour le chef de l’exécutif provincial, ces mesures américaines sont amplement justifiées et viennent sanctionner des dérives jugées contraires aux intérêts supérieurs de la République démocratique du Congo.
Ce déballage politique s’inscrit dans un contexte national extrêmement polarisé. La cérémonie, qui servait de toile de fond à cette attaque, était spécifiquement dédiée au soutien du projet de modification de la loi fondamentale. Alors que le débat sur la réforme constitutionnelle cristallise toutes les attentions et ravive les clivages, cette sortie frontale contre le leader du FCC (Front commun pour le Congo) confirme la rupture totale entre le camp présidentiel actuel et l’ancien régime, particulièrement dans la région stratégique du Grand Katanga.
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