Le géant minier CMOC Tenke Fungurume Mining (TFM) fait face, depuis ce lundi matin, à une vive contestation sociale. Les travailleurs congolais ont lancé un mouvement de grève assorti d’une marche pacifique pour dénoncer ce qu’ils estiment être une détérioration intolérable de leur quotidien au sein de l’entreprise.
Ce qui n’était jusqu’ici qu’un mécontentement latent a pris une tournure officielle ce matin du 01er juin 2026. Dans un mémorandum adressé à la direction générale, les employés ont listé une série de griefs touchant aussi bien à la vie courante sur le site qu’aux politiques de gestion humaine. Parmi les points les plus critiques soulevés, les travailleurs pointent du doigt l’état de délabrement des logements préfabriqués, occupés depuis près de dix-sept ans, ainsi qu’une baisse qualitative des repas servis dans les restaurants d’entreprise.
L’hôpital de TFM, pilier de la prise en charge médicale des employés, ferait face à des pénuries récurrentes de médicaments et d’intrants, compliquant gravement la prise en charge des malades.
Au-delà du confort matériel, le mouvement souligne une crise de gouvernance. Les travailleurs dénoncent des disparités de traitement flagrantes entre le personnel national et les expatriés, notamment en matière de logistique (transport, logement). Plus grave encore, les cadres congolais s’estiment marginalisés. Ils déplorent une politique de recrutement et de promotion qui favoriserait systématiquement des expatriés, parfois jugés moins expérimentés que les talents locaux. Cette gestion est également pointée du doigt concernant la sous-traitance : les grévistes accusent la direction de privilégier les entreprises étrangères, en contradiction avec la législation congolaise en vigueur.
Pour mettre fin à cet arrêt de travail qui impacte déjà la production sur le site, les employés posent des conditions claires : Réhabilitation urgente des infrastructures de logement ; Révision du budget dédié à la restauration du personnel ; Audit de gestion et remplacement des responsables accusés de comportements discriminatoires ; Respect strict des engagements salariaux et de la législation sur la sous-traitance.
Les grévistes se veulent déterminés. Ils ont prévenu la direction que, faute de réponse rapide et concrète, ils n’hésiteraient pas à interpeller les autorités gouvernementales ainsi que les instances internationales compétentes pour faire valoir leurs droits.
Alors que la production tourne au ralenti ce lundi, la direction de TFM n’a pas encore officiellement réagi à ce mouvement de colère.
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