Le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi ne sera ni une négociation avec le Rwanda et ses supplétifs, ni une voie permettant de remettre en cause le résultat des élections de 2023. Dans son adresse à la Nation, jeudi 27 août, le président congolais a clairement fixé les contours de ce processus.
Félix Tshisekedi a affirmé que le dialogue national devra respecter la souveraineté de la République démocratique du Congo ainsi que le choix exprimé par le peuple congolais dans les urnes en 2023. Il ne saurait, selon lui, servir de cadre pour remettre en question l’ordre constitutionnel établi.
Le chef de l’État a également distingué ce dialogue politique des discussions engagées avec le M23 dans le cadre du processus de Doha. Ces dernières portent notamment sur la cessation des hostilités, le désengagement, le cantonnement et le désarmement.
Pour Félix Tshisekedi, le dialogue national ne se substituera donc pas au processus de Doha et ne constituera pas une voie parallèle permettant aux acteurs armés d’obtenir, par la force, ce que la démocratie ne leur a pas accordé.
« On ne peut obtenir par les armes ce que la démocratie et l’ordre constitutionnel n’ont pas accordé », a-t-il martelé en substance.
Le président congolais n’a toutefois pas totalement fermé la porte à une réintégration de certains membres du mouvement armé. Une telle possibilité resterait ouverte à titre individuel, à ceux qui renonceraient sincèrement et de manière vérifiable à la lutte armée. Cette réintégration serait soumise à plusieurs conditions : abandon effectif de l’engagement armé, condamnation sans équivoque de l’agression dont la RDC est victime et reconnaissance des souffrances infligées aux populations.
À travers ces précisions, Félix Tshisekedi entend maintenir une séparation nette entre le processus de Doha consacré au règlement de la crise sécuritaire et le dialogue national destiné à traiter les questions politiques internes, tout en excluant toute remise en cause du mandat issu des urnes en 2023.
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