Dans un communiqué publié le 27 avril, l’organisation Justicia Asbl, active dans la promotion des droits humains et du développement durable, appelle le gouvernement congolais à passer des discours aux actes dans la lutte contre le pillage des ressources minières.
Tout en reconnaissant une volonté récente des autorités de s’attaquer à la fraude minière, l’ONG estime que ce sursaut reste tardif et doit se traduire par des actions concrètes.
« Ce réveil mérite d’être soutenu, à condition qu’il ne se limite pas à des vœux pieux », souligne le communiqué.
Justicia Asbl rappelle qu’en avril 2019, lors du premier Conseil national de sécurité tenu hors de Kinshasa, des mesures fortes avaient été prises. Parmi elles, le retrait sans condition des éléments non autorisés des FARDC et de la Police nationale des sites miniers.
Sept ans plus tard, l’organisation déplore que cette décision ne soit toujours pas appliquée. Elle dénonce la présence persistante de militaires, notamment de la Garde républicaine, sur plusieurs sites miniers.
« Certains éléments protègent des réseaux mafieux et facilitent le vol à ciel ouvert des minerais », affirme Justicia Asbl.
S’appuyant sur un rapport de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière (CNLFM), l’organisation met en cause l’implication de membres des forces de sécurité et de ressortissants étrangers dans des activités minières illicites. Face à cette situation, Justicia Asbl appelle à des poursuites judiciaires contre les responsables. Elle exhorte le ministre de la Justice, l’Auditeur général des FARDC ainsi que le Procureur général près la Cour de cassation à s’impliquer activement.
L’ONG pointe également l’existence de dépôts et d’unités de traitement de minerais opérant sans traçabilité, mais tolérés par certaines autorités. Selon elle, ces structures illégales continuent d’exister grâce à des complicités au sein de l’appareil étatique, motivées par des intérêts financiers.
Tout en saluant les décisions prises lors du Conseil des ministres du 24 avril sous la présidence du Chef de l’État, Justicia ASBL insiste sur l’urgence d’actions concrètes pour démanteler les réseaux mafieux.Enfin, l’organisation rappelle que la RDC, en tant que membre des Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme et de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), est tenue de respecter ses engagements en matière de transparence et de « due diligence ».
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