L’annonce d’un dialogue national inclusif par le président Félix Tshisekedi suscite déjà des réactions contrastées au sein de la classe politique et de la société civile.
Jean-Claude Katende se dit globalement satisfait du discours présidentiel. Il salue notamment l’exclusion du partage de pouvoir, l’accent mis sur la participation citoyenne ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi dotés de moyens suffisants.
« Je souscris au discours du Président Tshisekedi sur le dialogue dans la mesure où il a exclu le partage de pouvoir au dialogue. D’une part, il a mis l’accent sur la participation des citoyens et la mise en place des mécanismes de suivi avec des moyens suffisants, d’autre part », a-t-il déclaré.
Pour cet activiste de la société civile, le chef de l’État a également envoyé un signal important en excluant toute forme d’impunité. Il dit toutefois attendre la mise en œuvre concrète des engagements annoncés.
Une position qui contraste avec celle de Francine Muyumba. L’ancienne sénatrice estime que le président de la République, en tant que partie prenante à la crise, ne peut définir seul les règles du futur dialogue.
« On ne peut être à la fois partie, arbitre et maître des règles du jeu », affirme-t-elle.
Pour Francine Muyumba, les modalités, le format, les participants et l’ordre du jour doivent être arrêtés de manière consensuelle par les différentes parties prenantes, avec une facilitation qu’elle souhaite « neutre et crédible ».
« Un véritable dialogue national ne se décrète pas selon les conditions d’une seule partie. […] Le Congo a besoin d’un vrai dialogue, pas d’un dialogue sous conditions », soutient-elle.
Au-delà de ces divergences, le chef de l’État annonce que le dialogue national se tiendra sur le sol congolais.
« Le processus s’ouvrira par des consultations dans les provinces. Il se poursuivra par des assises nationales à Kinshasa. L’ensemble du processus sera limité à une durée maximale de trois mois», a-t-il annoncé.
Les prochaines étapes seront donc déterminantes pour préciser le format, les participants et les mécanismes devant encadrer ces assises annoncées comme un cadre de recherche de solutions à la crise politique et sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo.
Leave a comment