Malgré les divergences politiques entre démocrates et républicains, certaines initiatives américaines en faveur de l’Afrique traversent les alternances à Washington. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a maintenu plusieurs programmes engagés sous ses prédécesseurs, notamment dans les domaines des infrastructures, du commerce et de la santé. Une continuité qui témoigne de la permanence de certains intérêts stratégiques américains sur le continent africain.
Parmi les projets concernés figure le corridor de Lobito, une initiative portée par l’administration de Joe Biden à partir de 2023. Ce vaste projet d’infrastructures vise à faciliter l’acheminement des minerais stratégiques de la République démocratique du Congo et de la Zambie vers le port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique. Sous Donald Trump, le projet a conservé le soutien de Washington, notamment à travers des engagements en faveur du développement des infrastructures ferroviaires. Il représente un enjeu majeur dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, face à la concurrence internationale.
Autre illustration de cette continuité : l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Instauré en 2000 sous la présidence de Bill Clinton, ce dispositif accorde aux pays africains éligibles un accès préférentiel au marché américain pour plusieurs milliers de produits. Le 3 février 2026, Donald Trump a signé sa prolongation jusqu’au 31 décembre 2026, permettant ainsi aux bénéficiaires de conserver temporairement ces avantages commerciaux.
Dans le domaine sanitaire, le PEPFAR, programme de lutte contre le VIH/sida lancé en 2003 sous George W. Bush, a également bénéficié d’une certaine continuité. Malgré les réductions budgétaires, les réorganisations et les restrictions introduites par l’administration Trump, des financements ont été maintenus pour certaines activités essentielles.
Ces différentes initiatives illustrent une réalité de la politique étrangère américaine : au-delà des alternances politiques et des divergences idéologiques, certains intérêts économiques, commerciaux et stratégiques demeurent prioritaires.
Pour la République démocratique du Congo, cette continuité revêt une importance particulière. Le corridor de Lobito, l’exploitation des minerais stratégiques et les accords de Washington conclus avec le Rwanda placent Kinshasa au cœur de plusieurs enjeux géopolitiques majeurs.
Dans ce contexte, la diplomatie congolaise gagnerait à renforcer ses relations avec l’ensemble de la classe politique américaine, démocrates comme républicains. Car, au-delà des relations avec l’administration en place, la défense des intérêts de la RDC nécessite une approche institutionnelle durable, capable de résister aux changements de pouvoir à Washington.
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