L’Abbé Jean Kongolo, Doyen de Dilolo et Curé de la paroisse Saint Jean Bosco (Kasaji /Lueu), dans le diocèse de Kolwezi, nous conduit à la méditation des textes du 23e dimanche du Temps Ordinaire, de l’Année A. S’appuyant sur les textes bibliques du jour, le prêtre appelle les chrétiens à dénoncer le mal avec courage, tout en respectant la dignité de l’autre, en privilégiant le dialogue et en recherchant toujours la réconciliation et la paix.
Ci-dessous, l’intégralité de l’homélie :
« Frères et sœurs, en ce 23ᵉ dimanche du temps ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur la correction fraternelle. Aimer véritablement son frère ou sa sœur ne consiste pas seulement à le réconforter dans ses épreuves, mais aussi à l’aider à retrouver le droit chemin lorsqu’il s’égare. La correction fraternelle est donc un acte d’amour authentique.»
« Dans la première lecture, Dieu établit Ézéchiel comme guetteur de son peuple. Sa mission est de prévenir et de reprocher le mal (Ézéchiel 33,7-9). S’il se tait, il devient complice et porte la responsabilité du sang versé.»
« Cette parole nous concerne aujourd’hui : nous n’avons pas le droit de nous taire devant le mal. Trop souvent, nous nous réjouissons de la chute de l’autre ou nous lui tendons des pièges. Mais le Seigneur nous rappelle que le silence complice est une faute grave. La correction doit être faite par amour, jamais par colère, orgueil ou vengeance.»
« A la lumière de la deuxième lecture (Romains 13,8-10), Saint Paul nous enseigne que l’amour est l’accomplissement de la Loi. Corriger son frère ne doit pas être une manière de l’humilier, mais de l’aider à grandir. »
« Celui qui aime ne tue pas, ne vole pas, ne commet pas l’adultère. Le manque d’amour est à la racine de tout péché. L’amour doit être le critère de toute correction et de toute relation fraternelle.»
« Dans l’Évangile de Matthieu 18,15-20, Jésus nous donne une pédagogie de la correction fraternelle :
1. Parler d’abord en privé à celui qui a fauté. Si cela ne suffit pas ;
2. Associer deux témoins ;
3. Enfin, porter l’affaire devant la communauté.»
« Cette démarche respecte la dignité de la personne et favorise la réconciliation. Aujourd’hui, les réseaux sociaux et les rumeurs détruisent rapidement la réputation des autres. Mais Jésus nous invite à la discrétion, à la charité et à la recherche de la paix. Le but ultime est toujours la réconciliation et non la condamnation.»
« Pour terminer quatre leçons à retenir :
1. Être sentinelle : le chrétien doit dénoncer le mal avec courage et amour, sans complicité ni silence coupable.
2. Agir par amour : toute correction doit être motivée par la charité et non par l’orgueil ou la vengeance.
3. Respecter la dignité : parler en privé et avec délicatesse préserve l’honneur de la personne et favorise la réconciliation.
4. Rechercher la paix : la correction fraternelle n’est pas une condamnation mais un chemin vers l’unité et la communion.»
« Prions : Seigneur Jésus, toi qui nous enseignes la correction fraternelle, donne-nous un cœur humble et rempli de charité. Apprends-nous à être des sentinelles courageuses, capables de dénoncer le mal sans haine ni orgueil. Aide-nous à respecter la dignité de nos frères et sœurs et à rechercher toujours la réconciliation. Que ton Esprit nous guide pour que nos paroles soient des semences de paix et d’amour. Par le Christ notre Seigneur. Amen !»
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