« Il est temps d’adresser un avertissement ferme à tous les médias et à tous les présentateurs d’émissions à débat », a annoncé le Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC/RDC).
« Un plateau n’est pas un ring. Ce n’est pas un champ de bataille. C’est un espace de réflexion, de construction et d’éclairage. Lorsqu’il devient un lieu d’insultes, d’attaques personnelles, de diffamation et d’invectives, il doit être immédiatement interrompu. Sans complaisance. Sans hésitation », s’est indigné Christian Bosembe sur son compte X.
« Ce qui se passe aujourd’hui est profondément préoccupant. Des émissions dégénèrent sous nos yeux. On y crie, on y humilie, parfois même on en vient aux mains. Ce n’est plus du débat. C’est une dérive grave. Une faute professionnelle. Une violation manifeste de l’éthique journalistique », a-t-il poursuivi.
Dans ce message, Christian Bosembe appelle directement les présentateurs à reprendre le contrôle : préparer leurs émissions avec rigueur, encadrer les invités et refuser tout dérapage.
Désormais, toute émission qui bascule dans ces excès sera strictement interdite.
Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication interpelle également les responsables des médias : le buzz ne construit rien, il détruit la crédibilité, affaiblit les institutions et corrompt le débat public.
« Les grilles de programmes seront examinées avec rigueur, et des sanctions fermes seront prises en cas de manquement » a martelé le numéro 1 du CSAC.
Il appelle enfin les journalistes et patrons de médias à faire preuve de discernement : ne plus offrir de tribunes à l’insulte, à la diffamation et à la provocation, mais promouvoir un débat contradictoire, maîtrisé, respectueux et éclairé.
Comme le rappelait Gustave Le Bon, « les divergences intellectuelles peuvent être arbitrées par la raison, tandis que les divergences émotionnelles dégénèrent en affrontement ».
Un appel fort pour préserver la qualité du débat public en RDC.
La liberté d’expression est un pilier de la démocratie. Mais elle ne saurait être confondue avec la liberté d’insulter. Des démarches sont d’ores et déjà engagées par le CSAC avec les principales plateformes numériques afin de mettre un terme aux activités de comptes nuisibles, vecteurs de haine et de propagande. À défaut d’une coopération effective, toutes les mesures nécessaires seront prises pour empêcher que ces espaces ne deviennent des instruments de dégradation du vivre-ensemble.
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