
Présentée devant la Commission de contrôle de conformité des activités minières artisanales et des entités de traitement et de commercialisation de la filière cupro-cobaltifère dans la province du Lualaba, Luilu Ressources SAS s’est révélée incapable de produire le moindre document crédible attestant de la conformité technique et de la traçabilité de ses activités.
Cette entité de traitement à capitaux chinois, installée à environ 20 kilomètres de Kolwezi, opérationnelle depuis février 2020, est désormais soupçonnée d’opérer en violation flagrante de la réglementation minière congolaise. Pour un défenseur des droits de l’homme dans le secteur des ressources minières, il s’agit d’un « cas manifeste d’illégalité tolérée », d’autant plus choquant qu’il concerne une entreprise active depuis près de cinq ans. L’absence de documents exigés par l’organe de contrôle, institué par le Ministre des Mines, constitue une atteinte grave aux efforts de l’État visant à assainir la chaîne d’approvisionnement du cuivre et du cobalt, des minerais stratégiques pour la transition énergétique mondiale.
Ces manquements vont directement à l’encontre de la feuille de route de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière, fondée sur les principes de diligence raisonnable de l’OCDE et le manuel national de traçabilité.
Malgré la gravité des faits, la Commission de contrôle a choisi de faire preuve d’une tolérance jugée excessive en accordant à Luilu Ressources SAS un ultimatum de trois jours pour présenter, à Lubumbashi (Haut-Katanga), les pièces requises. Une décision qui interroge, alors que la lutte contre la fraude minière exige des sanctions exemplaires et une application rigoureuse de la loi, sans complaisance.
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