
Le secteur minier artisanal du cuivre et du cobalt en République démocratique du Congo est plongé dans une crise de légalité sans précédent. À l’issue d’une mission de contrôle de conformité menée dans la province du Lualaba, le Ministère des Mines dresse un constat accablant : toutes les entités de traitement contrôlées opèrent en violation du Code et du Règlement miniers.
Dans un communiqué officiel publié le 05 janvier 2026 (N°01/CAB.MIN/MINES/01/2026), faisant suite à l’arrêté ministériel N°00993, le gouvernement reconnaît implicitement l’ampleur d’un système longtemps toléré, marqué par l’illégalité généralisée, l’opacité et le mépris des normes en vigueur.
Ce verdict tombe dans un climat social explosif à Kolwezi, capitale mondiale du cobalt, où la suspension brutale des activités minières artisanales par le ministre des Mines, Louis Watum, a déclenché des mouvements de colère populaire. Des milliers de creuseurs et d’acteurs de la chaîne d’approvisionnement se retrouvent pris en otage d’un secteur désorganisé et livré à lui-même.
Face à la pression sociale et au risque d’embrasement, l’État semble aujourd’hui contraint d’assouplir sa propre décision, non par choix stratégique, mais par nécessité politique et sociale.
Pour tenter d’éteindre l’incendie, le ministère des Mines annonce :
Une levée partielle et temporaire de la suspension des activités minières artisanales et de commercialisation ; des notifications au cas par cas, révélant l’absence d’une réponse structurelle globale ; des mesures d’accompagnement et de réparations, sans calendrier clair ni mécanismes contraignants ; des pénalités annoncées, mais dont l’effectivité reste à démontrer.
Autant de mesures perçues par plusieurs observateurs comme un recul déguisé, traduisant l’incapacité de l’État à imposer durablement l’ordre dans un secteur pourtant vital pour l’économie nationale.
Fait notable, Luilu Ressources reste exclue de toute mesure d’assouplissement. L’entreprise demeure suspendue, signe que les violations relevées seraient d’une gravité particulière, renforçant les interrogations sur les pratiques de certains opérateurs et sur les complicités éventuelles qui ont permis leur maintien dans l’illégalité.
Au-delà des sanctions annoncées, cette affaire met à nu une crise profonde de gouvernance du secteur minier artisanal au Lualaba : contrôles tardifs, tolérance prolongée des infractions, décisions brutales suivies de rétropédalages.
La question demeure entière : l’État entend-il réellement faire respecter le Code minier, ou se contentera-t-il d’ajustements temporaires pour contenir la colère sociale ? Seul l’avenir nous le dira !
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