
À Kolwezi, la capitale de la province Lualaba, les échangeurs de monnaie (cambistes) sont au cœur d’une agitation financière inédite. En l’espace d’une semaine, le taux de change du dollar américain face au Franc Congolais (FC) a subi une chute spectaculaire. Alors que l’on pouvait échanger un dollar contre 2820 FC, voire même 2850 FC il y a peu, le taux actuel oscille brusquement entre 2500 FC et 2650 FC.
Théoriquement, une baisse du dollar devrait apporter un soulagement, rendant les importations moins chères et, par ricochet, les prix des produits locaux plus abordables. Mais la réalité sur le terrain est tout autre, jetant une ombre sur cette « appréciation » du Franc Congolais.
Les prix flambent malgré tout : Le paradoxe douloureux
Si le taux de change se tasse, la courbe des prix, elle, grimpe en flèche. L’exemple le plus frappant est celui du ciment, un pilier essentiel dans une ville en pleine construction. Le sac, qui se négociait récemment autour de 28 000 FC, a atteint l’incroyable seuil de 40 000 FC. Et le plus amer dans cette hausse, il s’agit d’un ciment produit localement, n’ayant donc aucune raison légitime d’être impacté par la fluctuation des devises étrangères à ce point.
Même constat pour le carburant. Contre toute logique économique, le prix à la pompe a augmenté au lieu de baisser. Cette hausse se répercute immédiatement sur le transport, contribuant à rendre la vie quotidienne de plus en plus onéreuse. Les biens de première nécessité suivent cette spirale inflationniste, pesant lourdement sur les ménages.
Qui sont les Vrais Gagnants et les Perdants ?
Cette situation crée des lignes de fracture claires dans le tissu économique de Kolwezi. La population de cette partie de la RDC, prise en étau entre un Franc Congolais qui se renforce fictivement et des prix qui s’envolent, est l’ultime victime de ce choc économique. La nécessité d’une intervention gouvernementale claire et d’une régulation stricte des prix pour briser cette spirale inflationniste devient impérative.
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