Le ministère public a requis, jeudi 3 septembre 2026, la servitude pénale à perpétuité contre le général Philémon Yav Irung, poursuivi devant la Haute Cour militaire pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
Lors de l’audience tenue à Kinshasa, le chef du parquet général militaire, le lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia, a demandé à la Haute Cour militaire de déclarer établies, en fait comme en droit, les infractions retenues contre le général Yav et son coprévenu, Issa Shauri.
Le ministère public a également requis 20 ans de servitude pénale principale pour l’infraction de participation à un mouvement insurrectionnel. En application de l’article 7 du Code pénal militaire, il a toutefois demandé à la Haute Cour de ne prononcer qu’une seule peine, celle considérée comme la plus forte, soit la servitude pénale à perpétuité.
Dans son réquisitoire, le ministère public a soutenu que les éléments du dossier ainsi que les déclarations recueillies à l’audience établiraient que Philémon Yav, avec le concours de son coprévenu Shauri, aurait fourni des armes et des munitions de guerre aux insurgés du M23, présentés par l’accusation comme appartenant au groupe Twirwaneho. Selon l’accusation, les deux prévenus auraient agi en connaissance de cause de la nature et des objectifs poursuivis par les bénéficiaires de ces armes.

Le parquet général militaire a par ailleurs demandé la condamnation des deux prévenus aux frais d’instance, ainsi qu’à toute autre peine que la Haute Cour jugerait appropriée.
Le général Philémon Yav est actuellement jugé, dans une deuxième affaire, avec son coprévenu Issa Shauri. Il avait déjà comparu dans une première procédure, aux côtés de plusieurs autres officiers des FARDC, pour des faits similaires.
Cette première affaire a été prise en délibéré par la Haute Cour militaire. Le verdict est donc attendu dans cette procédure, tandis que la juridiction doit désormais examiner les réquisitions du ministère public dans le second dossier.
La peine requise par le parquet ne constitue pas encore une condamnation. Il appartient à la Haute Cour militaire de statuer sur la culpabilité ou l’innocence des prévenus et de fixer, le cas échéant, les peines applicables.
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