S’exprimant devant la presse le 4 juin 2026 en sa qualité de figure de l’opposition républicaine et rapporteur adjoint du Sénat, Jean-Claude Baende Etafe Eliko a abordé plusieurs questions d’actualité en République démocratique du Congo. Au cœur de son intervention figurait le débat sur la réforme constitutionnelle, qu’il estime devoir être mené avec sérénité et responsabilité, loin des passions politiques, des calculs partisans et des considérations émotionnelles. Selon le président de l’Alliance des démocrates humanistes (ADH), l’évolution de la Constitution pour répondre aux réalités contemporaines ne constitue ni une innovation ni un sujet tabou dans l’ordre juridique congolais.
« Aucune Constitution n’est destinée à demeurer figée dans le temps. Toute loi fondamentale doit pouvoir évoluer afin de s’adapter aux mutations politiques, économiques, sociales et culturelles de la société », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, Jean-Claude Baende a formulé trois propositions majeures. La première concerne la révision de l’article 10 de la Constitution relatif à la nationalité congolaise, afin de mettre fin au caractère exclusif de celle-ci et de permettre aux Congolais de la diaspora de conserver ou d’acquérir une double nationalité.
La deuxième proposition porte sur le changement de l’appellation officielle du pays. Estimant que la coexistence de deux États portant le nom « Congo » entretient une confusion récurrente, il préconise un retour à la dénomination « Zaïre ». Selon lui, cette option permettrait de renforcer l’identité nationale tout en clarifiant la distinction entre les deux pays.

Enfin, il plaide pour la révision des articles 104 et 198 de la Constitution afin d’instaurer l’élection des sénateurs et des gouverneurs de province au suffrage universel direct dans les territoires et villes des provinces.
Pour l’ancien gouverneur de l’Équateur, la réflexion sur une éventuelle réforme constitutionnelle représente une opportunité de consolider la paix, de renforcer la démocratie, d’améliorer la gouvernance et d’accélérer le développement de la RDC.
Il a également appelé les acteurs politiques à éviter les discours de division, les surenchères et toute forme de manipulation susceptible d’affaiblir davantage la nation, particulièrement dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Sur le plan de la gouvernance, Jean-Claude Baende a salué certains résultats enregistrés par le gouvernement, notamment en matière de mobilisation des recettes publiques et d’accès aux marchés financiers internationaux à travers les eurobonds. Il a par ailleurs formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles la ratification des accords conclus à Washington entre la RDC et les États-Unis ainsi que le renforcement de la lutte contre la corruption.
Sa proposition de rétablir le nom « Zaïre » intervient alors que les discussions autour d’une éventuelle révision de la Constitution continuent d’alimenter le débat public. Si certains considèrent cette idée comme une occasion de revisiter l’histoire nationale et de renforcer le sentiment d’appartenance, d’autres estiment que les priorités devraient se concentrer davantage sur les défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.
Le débat reste ouvert et pourrait s’intensifier au fil des consultations et échanges annoncés dans le cadre des réflexions sur les réformes institutionnelles.
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