Suite à une audience du pape Léon XIV avec le secrétaire d’État Pietro Parolin le 25 mars dernier, le Saint-Siège a publié le 28 mai 2026 un « Rescriptum ex audientia santissimi » (ndlr, réponse écrite du souverain pontife à une demande qui lui a été soumise lors d’une audience privée par un chef de dicastère ou un haut responsable de la Curie romaine), autorisant les évêques diocésains à révoquer les supérieurs de monastères autonomes, dans des cas précis et avec l’accord de Rome.
« Considérant que le pape François s’était déjà prononcé favorablement en ce sens, le pape Léon XIV a accordé au Dicastère pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique la faculté d’autoriser l’évêque diocésain compétent à émettre le décret de renvoi visé au can. 699 § 2 du Code de droit canonique, dans le cas où le profès à renvoyer serait le supérieur majeur du monastère », est-il écrit en latin dans ce texte bref mais juridiquement fort.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement général de renforcement des mécanismes de responsabilité au sein des communautés, et de l’Église tout entière. Elle ne vise pas la majorité des congrégations religieuses, qui disposent pour beaucoup d’une structure hiérarchique plus large avec des supérieurs provinciaux ou généraux, mais plutôt les monastères autonomes, souvent contemplatifs et juridiquement isolés.
Avec la promulgation de ce rescrit, le pape Léon XIV fait ainsi évoluer un amendement au droit canonique déjà promulgué par le pape François en 2022, qui redonnait la possibilité de renvoi d’un religieux par son supérieur en cas de délit grave, après avoir eu l’accord du Saint-Siège.
Au cours des dernières années, plusieurs réformes ont été engagées pour lutter contre les dérapages au sein des communautés religieuses. Mais cela ne réglait pas pour autant la question des supérieurs, qui pouvaient eux aussi commettre des abus de pouvoir, spirituels ou financiers ou être les auteurs de divers scandales.
Le pape vise donc à faire évoluer le droit canonique et à donner aux évêques locaux une possibilité d’agir en cas de dérapage. Si le Dicastère pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique conserve la responsabilité de la procédure dans son ensemble, les évêques peuvent désormais intervenir plus rapidement, être plus efficaces et opérationnels lorsqu’un supérieur de communauté doit être révoqué.
En revanche, ce rescrit ne retire pas l’autonomie des monastères concernés et ne place pas les communautés religieuses sous l’autorité directe des évêques en ce qui concerne leur vie interne.
Historiquement, les monastères et instituts religieux disposent d’une autonomie importante dans l’Église ; et si les évêques constataient des dérives dans certaines communautés, les procédures à Rome étaient trop longues et juridiquement trop lourdes.
(Zenit)
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