Dans une dépêche publiée ce lundi 18 mai 2026, l’organisation citoyenne Comprendre et agir dans les secteurs miniers : industriel et artisanal (CASMIA-G) tape du poing sur la table. Tout en apportant son soutien total à la mission de contrôle de la Cour des Comptes actuellement déployée dans la province du Lualaba, l’ONG dénonce la gestion opaque des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) et appelle la population à exiger des comptes.
C’est un secret de polichinelle qui prend désormais une tournure officielle. La Cour des Comptes a lancé un contrôle de grande envergure auprès des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) de la riche province minière du Lualaba. Mairie, communes, secteurs, chefferies : aucune entité ne doit échapper à la loupe des contrôleurs.
Une initiative saluée avec enthousiasme par CASMIA-G, qui y voit un pas nécessaire vers la transparence. Cependant, l’organisation ne cache pas ses inquiétudes face aux fantômes du passé.
CASMIA-G rappelle avec regret que ce type d’audit n’est pas une première dans la région. Par le passé, de multiples enquêtes ont été diligentées, mais leurs conclusions sont restées lettre morte, sans sanctions ni changements concrets.
« Un travail sans lendemain et une perte de temps », déplore l’organisation, qui exige cette fois-ci une divulgation publique et transparente des résultats de l’enquête. L’ONG invite expressément les contrôleurs à faire preuve de rigueur et de patriotisme pour que ce contrôle ne soit pas un énième coup d’épée dans l’eau.
Le cœur du problème réside dans la gestion des fonds issus de la redevance minière. Alors que ces sommes faramineuses devraient servir au développement local (routes, écoles, accès à l’eau), CASMIA-G dénonce une culture du secret profondément ancrée chez les animateurs des ETD.
- Une gestion en vase clos : Les montants perçus et les dépenses réelles restent inconnus du grand public.
- Le déni de démocratie : Selon l’organisation, demander une information financière constructive est aujourd’hui assimilé à un « crime de lèse-majesté ».
- Un recul démocratique : À l’ère de la gouvernance participative et inclusive, CASMIA-G qualifie ce manque de redevabilité de comportement indigne d’un « monde civilisé ».
Face à ce mur d’opacité, CASMIA-G refuse la fatalité et se tourne vers le premier souverain : le peuple. L’organisation appelle solennellement les communautés locales à sortir de la passivité et à exiger des comptes de manière ferme et sans complaisance à leurs dirigeants.
Consciente des risques de représailles, l’ONG encourage également les citoyens à dénoncer systématiquement toutes menaces ou intimidations à leur encontre. Réaffirmant son engagement indéfectible pour une gestion rationnelle de la chose publique, CASMIA-G rappelle que l’argent du Lualaba doit d’abord, et avant tout, servir le bien-être de ses citoyens.
La balle est désormais dans le camp de la Cour des Comptes, dont la rigueur déterminera si le Lualaba entre enfin dans l’ère de la transparence, ou s’il s’enfonce un peu plus dans l’opacité.
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