L’Organisation non gouvernementale Action pour le développement intégral et durable (ADID), basée à Fungurume dans la province du Lualaba, alerte sur une possible pollution de la rivière Kando, consécutive à la rupture d’un bassin de détention appartenant à l’entreprise Kimin Mining.

Dans un communiqué de presse daté du 26 janvier et parvenu à la rédaction d’Agora, cette organisation de défense des droits humains indique que l’incident environnemental s’est produit dans la nuit du vendredi 23 janvier dernier.
Selon l’ADID, le bassin, qui contenait des substances toxiques, a cédé, provoquant le déversement d’eaux acides dans le lit de la rivière Kando, située dans la chefferie des Bayeke, territoire de Lubudi.
Des témoignages recueillis auprès des communautés locales font état d’une alerte émise par la mine signalant une chute d’acide dans la rivière. Peu après, les riverains ont constaté un changement de couleur de l’eau, accompagné d’une odeur anormale.
Les conséquences seraient lourdes, notent les sources citées par l’ONG. Plusieurs espèces de poissons, notamment le Keni et la sardine, ont été observées flottant à la surface de l’eau, signe d’une pollution toxique sévère. Des habitants qui se sont approchés du rivage auraient également ressenti des malaises et des irritations inexpliquées.
Toujours selon l’ADID, la contamination se serait prolongée sur plusieurs jours. L’ONG affirme par ailleurs que Kimin Mining n’en serait pas à son premier incident du genre. « Entre 2024 et 2026, Kimin Mining a enregistré plusieurs cas similaires de déversement d’eaux acides dans la rivière Kando, entraînant la destruction de l’écosystème aquatique, la dégradation de la végétation, la pollution de l’air et des impacts négatifs sur les activités agricoles des communautés locales », souligne le communiqué.
L’ONG déplore également un manque de communication transparente envers les populations affectées, l’absence de mesures rapides de protection des communautés et le retard dans la mise en place d’une réponse environnementale d’urgence.
Rappelant que l’exploitation minière ne doit jamais se faire au détriment de la vie humaine, de l’environnement et des droits des communautés locales, l’ADID recommande notamment :
l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante sur la rupture du bassin ; la publication des analyses chimiques des eaux de la rivière Kando ; la prise en charge médicale gratuite des personnes exposées ; la décontamination complète de la rivière ; ainsi que des sanctions à l’encontre des responsables, conformément aux lois en vigueur.
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