
En marge du forum DRC–Africa Battery Metals 2025 tenu du 29 au 30 courant à Kolwezi, capitale du cobalt, l’Initiative pour la bonne gouvernance et les droits humains (IBGDH) et Amnesty international, deux organisations qui œuvrent pour le respect, la défense et la promotion des droits humains, ont alerté l’opinion pour une transition énergétique juste et respectueuse des droits humains.
Au cours d’un café de presse, Me Donat Kambola, Coordonnateur de l’IBGDH, a martelé sur le lourd tribut que paye les populations impactées par l’exploitation minière telle que vécue à Kolwezi.
« Souvent qualifiée de capitale mondiale du cobalt, Kolwezi occupe une place centrale dans la chaîne d’approvisionnement en métaux pour batteries, essentiels à la mobilité électrique et aux solutions climatiques. Pourtant, cette ville est aussi le théâtre des expulsions forcées, et d’autres violations graves des droits humains liées à l’exploitation minière industrielle du cuivre et du cobalt », a-t-il indiqué.
Pendant plus d’un triennal, ces deux organisations ont documenté des faits et publié le rapport intitulé : « Alimenter le changement ou le statu quo ? Expulsions forcées dans les mines industrielles de cobalt et de cuivre en République démocratique du Congo».

Depuis la publication dudit rapport, note Me Donat Kambola, peu de victimes ont obtenu une réparation adéquate et les autorités congolaises n’ont pas mis en œuvre les recommandations formulées.
De nos jours, les populations habitant à côté des sites miniers dénoncent notamment la dégradation progressive de la structure du sol et les effets destructeurs de détonations sur les habitations, la perte de logement, la perte des terres arables ainsi que la pollution de l’air dans la ville de Kolwezi. Le cas le plus emblématique et illustratif est celui du quartier Musonoie.
Face à la crise climatique, aspirant à jouer un rôle de premier plan dans la transition énergétique dans le monde, la République démocratique du Congo se présente comme un « pays-solution ». Mais cette ambition doit s’appuyer sur le respect des droits humains et la redevabilité des entreprises qui exploitent les ressources minières utiles pour la transition énergétique.
Afin que cessent les violations commises sur les populations affectées par l’exploitation minière des industriels, IBGDH et Amnesty international appellent à des actions concrètes.
Ce sont notamment :
- L’adoption, par le Gouvernement congolais, d’un moratoire sur les expulsions forcées liées aux activités minières à Kolwezi ainsi que la mise en place d’une commission d’enquête inclusive et indépendante pour évaluer les processus de délocalisation.
- La nécessité des entreprises minières à respecter les lois nationales en la matière et les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme ; à dialoguer de manière transparente avec les populations concernées, et à mettre en place des mécanismes de recours efficaces.
- L’obligation pour les entreprises qui s’approvisionnent à Kolwezi en cuivre, cobalt et autres produits utiles à la transition énergétique de veiller à ce que la chaine d’approvisionnement soit respectueuses des droits humains.
IBGDH et Amnesty international attirent l’attention des opérateurs miniers, les dirigeants industriels, les investisseurs, les fournisseurs de technologies de traitement et d’exploration, les institutions financières et les décideurs publics et autres acteurs majeurs qui prennent part au DRC–Africa Battery Metals 2025 qu’une transition énergétique véritablement durable doit commencer par la justice pour Kolwezi.
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